La croissance économique
Plan (2 parties)
I. La croissance et ses sources
a) Le processus de croissance économique
Le taux d'accroissement annuel moyen (croissance économique annuelle moyenne) :
- De JC à 1500 (15 siècles) : Le PIB mondial s'est accrût de 0,06% par an.
- De 1500 à 1820 : Le PIB mondial s'est accrût en moyenne de 0,33% par an.
- De 1820 à 2015 : Le PIB mondial (production mondiale estimée) s'est accrût en moyenne de 2,34% par an.
A partir de la révolution industrielle (fin 18ème, né en Angleterre), nous rentrons dans une nouvelle ère économique, celle de la croissance économique moderne.
b) S. Kuznets & la croissance
Lauréat du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en 1971, Simon Kuznets est considéré comme l'un des plus importants contributeurs à la théorie de la croissance économique. Il est l'un des « pères des comptes nationaux » et a inventé l'agrégat fameux du produit intérieur brut (PIB).
On peut donc dire 3 choses :
- C'est un phénomène économique
- Durable (ce n'est PAS éphémère, passager)
- Quantitatif (on ne se soucie pas de ce qui est produit)
Pour que la croissance selon kuznets augmente (c'est-à-dire sur une longue durée), il est correct de dire que l'offre et la demande augmentent au même rythme. Le cas échéant, (autrement dit si l'offre augmente plus rapidement), on approche d'une crise de surproduction.
La croissance affecte en même temps l'offre et la demande qui sont inter-dépendantes (on ne produit que s'il existe de la demande) et qui doivent évoluer en harmonie (au même rythme).
L'optique productive, faire la somme de tout ce qu'on a produit :
= SOMME Valeur Ajoutée Brute (CA-CI) + impôts sur les produits - subventions
On ne fait pas simplement la somme des ventes de toutes les entreprises, car cela compterait deux fois la même chose (par exemple, la farine vendue au boulanger ET le pain vendu au client).
On utilise donc la Valeur Ajoutée (VA) :
> VA = Chiffre d’affaires (CA) – Consommations intermédiaires (CI)
Les consommations intermédiaires sont les biens et services détruits ou transformés au cours de la production (farine, électricité, etc.).
Ensuite, on additionne toutes les valeurs ajoutées de tous les producteurs résidents, puis on ajoute les impôts sur les produits (TVA, etc.) et on enlève les subventions sur les produits.
Formule :
> PIB = Somme des valeurs ajoutées + Impôts sur les produits – Subventions sur les produits
L'optique des revenus : C'est la somme des revenus primaires bruts distribués.
On mesure le PIB en additionnant tous les revenus distribués aux agents économiques.
En effet, la production génère des revenus qui sont versés aux acteurs ayant contribué à la production :
- aux salariés : salaires et cotisations sociales ;
- aux entreprises : profits, intérêts versés aux prêteurs, loyers versés aux propriétaires ;
- aux pouvoirs publics : impôts et taxes sur la production.
Formule (simplifiée) :
> PIB = Rémunération des salariés + Excédent brut d’exploitation + Revenus mixtes + Impôts sur la production – Subventions
L'optique des emplois :
On mesure le PIB en fonction de ce qu’on fait avec la production : la dépenser, l'investir ou l'exporter.
On additionne tous les usages finaux des biens et services produits :
- La consommation finale des ménages et des administrations publiques (acheter du pain, se soigner…) ;
- L'investissement (formation brute de capital fixe : machines, usines, logements…) ;
- La variation de stocks (les invendus ou les stocks constitués en vue d'une revente) ;
- Les exportations (ce qui est vendu à l'étranger) – on enlève les importations, car elles ne sont pas produites sur le territoire.
Formule :
> PIB = Consommation finale + Investissement + Variation de stocks + Exportations – Importations
Circuit économique de base : On produit un bien, puis on en touche des revenus afin de consommer ce que l'on a produit (ce que la territoire a produit).
Quand la production de la population augmente, cela dure peu et finalement sur le long terme, pendant des siècles, la production par personne a peu évolué.
Production mondiale (en dollar de 2011) :
- L'an 1 : 183 Milliards de dollars
- 1500 : 451 Milliards de dollars
- 1820 : 1200 milliards de dollars
- 2015 : 108 000 milliards de dollars
La population mondiale (en milliards) :
- JC : 0,25 milliard
- 1300 : 0,43 milliard
- 1700 : 0,86 milliard
- 1800 : 0,97 milliard
- 1900 : 1,6 milliard
- 1950 : 2,5 milliards
- Aujourd'hui : 8,3 Milliards
Smith montre que la richesse est souvent jugée de l’extérieur : on attribue le statut de « riche » à quelqu’un en fonction de signes visibles (un beau quartier, une belle maison, des vêtements…), et cela suscite l’admiration sociale. (Il a pas écrit mot pour mot cette phrase, mais ça traduit l'esprit)
A partir de la révolution industrielle, le progrès technique est tel qu'il engendre une croissance économique très forte et sans précédent qui certe s'accompagne d'une transition démographique mais qui génère avant tout une forte croissance de notre PIB/tête donc de notre niveau de vie.
Graphique PIB mondial par hab, PPA en dollar 1990 (Doc 1) : Estimé et calculé en dollar 90, la production mondiale par habitant a été multiplié par 11,7 entre 1820 et 2010. (à noter que Selon Maddison Historical Géographics, c'est plutôt x10)
La croissance économique moderne est un phénomène relativement récent (La fin du 18ᵉ a l'échelle humaine est très récente) et inégal qui s'accompagne de mutation et d'un processus de développement d'ailleurs nécessaire a sa poursuite. Le développement humain est l'ensemble des changements (économiques, démographiques, politiques, culturels, institutionnels, juridiques) qui permettent de satisfaire les besoins jugés essentiels de la population.
Le développement est un phénomène pluriel et qualitatif.
La croissance et le développement sont liés : la croissance est une condition nécessaire au développement, mais pas suffisante ; en retour, le développement (santé, éducation, institutions) favorise la croissance à long terme.
II. Les sources de la croissance économique
Pour produire + (tant d'un point de vue microéconomique que macroéconomique) il faut soit :
- Augmenter la quantité des facteurs de productions
- Augmenter la qualité des facteurs de productions (achats de machines plus performantes)
- Accroitre l'efficacité des facteurs de productions
Les économistes néoclassiques mettent en avant le binôme facteur travail - facteur capital. C'est la fonction de production.
Q = f(K, L), K état le cap fixe, L la quantité de travail utilisée
Aujourd'hui, les économistes considèrent que la croissance économique moderne, repose avant tout sur la productivité des facteurs de production. (c'est faux)
Productivité des Facteurs de production : Quantité produite / Facteur de production utilisé
Pour mesurer cette efficacité des facteurs, les économistes privilégient la productivité du facteur travail.
Les rendements d'échelles sont constants si la production est multipliée par 2 et le volume des facteurs de production est, lui aussi, multipliée par 2.
Qu'en est-il concrètement du poids des differentes sources de croissance dans celle-ci?
DOC 2 : L'explication des 3,1% manqué lors du calcul de la croissance s'explique notemment par les avancée technologiques (qui ne sont pas calculés dans les calculs).
Selon ces économistes 3,1% des 5,2 points de croissance économiques annuels moyenne enregistrés entre 1951 et 1973 s'expliquent par le progrès technique (on dit aussi PGF (productivité globale des facteurs) ou encore facteurs résiduels). Le progrès technique explique donc 60% de la croissance économique en France.
Document 3p21 :
Selon l'OCDE, entre 1985 et 1994 le PIB de la France a en moyenne augmenté de 2,3% par ans.
Selon l'OCDE, entre 2008 et 2017, l'évolution des heures travaillées à contribué à 0,2 des 0,8 points de croissance économiques annuels moyen.
Selon l'OCDE, entre 2008 et 2017 aux Etats Unis, l'évolution de la PGF à contribué à hauteur de 0,5 des 1,2 points de croissances économiques annuels moyens.
On peut déduire que le ralentissment de la croissance économique française s'explique en grande partie par l'essouflement des gains de productivité.
Quand la croissance s'explique principalement par l'accroissement des facteurs de productions, elle est dite "extensive". Au contraire, elle sera dite "intensive" si elle repose essentiellement sur une plus grande efficacité des facteurs de productions.
Selon Gregory Mankiw, le taux d'investissement en Corée du Sud dans la période 1960-2010 fut en moyenne de 35%, alors qu'en 2010 le revenu par habitant s'élevait à environ 20 000 dollars.